Essai sur la Genealogie Cahier N°5

RECUEIL DE POESIES

 

Collection Fresque des Temps Modernes

 

 

Mathieu VIGNAL

 

Cahier n° 5

 

 

ESSAIS SUR LA GENEALOGIE


 Pres Essais Genealogie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Mathieu VIGNAL, 2002

 

A L’ATTENTION DE CEUX QUI S’INITIENT A LA POESIE

 

 

 

La Poésie porte en elle son propre rythme, sa propre musique. Ces qualités sonores sont indissociables du texte écrit.

 

Apprécier pleinement une Poésie, c’est aussi savoir la faire « sonner », faire et laisser les mots résonner de leur sens, de leur vibration propre.

 

On ne lit pas de la Poésie comme un article dans un magazine !

 

On ne peut pas enchaîner la lecture de plusieurs textes et en respecter l’exigence.

 

 

Afin de profiter au mieux des pages qui suivent, je vous engage à appliquer les quelques règles de lecture suivantes et, peut-être, découvrir une nouvelle dimension de l’écrit.

 

– Respecter rigoureusement la ponctuation

 

– Marquer une légère pause au milieu du vers (par exemple entre la sixième et la septième syllabe dans des vers de douze syllabes prononcées)

Lorsque deux syllabes se suivent et que leur prononciation n’en fait qu’une (cas fréquent avec deux voyelles consécutives), si aucune autre règle ne s’y oppose, ne prononcer que la syllabe résultante.

 

– Laisser « flotter » les « E » qui précédent une ponctuation, un temps d’arrêt ou une fin de vers

 

 

Tout ceci peut sembler difficile d’un premier abord, mais avec un tout petit peu d’entraînement la lecture vient d’elle-même et vous offrira l’accès à la pleine mesure du texte.

 

 

Ce que vous allez lire veut procéder par évocation bien plus que par description.

 

 

 

 

Ne vous attachez pas aux mots, ne voyez pas l’image, sentez-la !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A mon épouse

 

 

               et tout ce qui s’en suit …

 

 

Lisez, vous comprendrez !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A EUX

 

 

 

 

Ils reniflent, ils farfouillent, déterrent de vieux os,

Protègent leur butin, enterrent les rancœurs,

Visionnaires d’hier, dédaignant les bravos,

Devins de ce qui fut, faisant fit des moqueurs.

 

 

 

Conjoint en généa, logique déroutant

Vers des lieux saugrenus, mode de vie nouveau

Qui demande l’oubli de ces valeurs d’avant,

Lorsque, pour avancer, ils nous tournent le dos.

 

 

 

DESTRUCTEURS ET MESSAGERS

 

 

 

 

Pilleurs de tombes ? Découvreurs de momies,

Traqueurs de ce que nous ont laissé les anciens,

Héritages de pierres, œuvres d’art, poteries,

Assassins d’un trésor qui nous vient de si loin.

 

 

Des gestes infinis peuvent sembler bien courts,

Outre-tombe éventré. Ces pillards qui ont pris

Des morceaux de mémoire amputent pour toujours

Une part de l’histoire, qu’ils vendront à bas prix.

 

 

Merci, les poïetes *, écrivains, musiciens,

Les peintres rupestres et les sculpteurs, les graveurs,

Les scriptes et tous ceux qui participent à ce lien

Depuis la nuit des temps, travailleurs, créateurs.

 

 

Sursaut de voir surgir, en témoin homérique,

Messages si précieux de cultures passées,

Dont ne restent, souvent, que traces énigmatiques

De civilisations perdues, mortes, oubliées.

 

 

Merci, les « poïetes », messagers de tous temps.

 

 

 

 

 

 

 

* Poïetes : Mot grec ancien, créateurs, artistes et amis de la culture en général.

 

HISTOIRE DE VIEUX OS

 

 

 

Il semblerait qu’hier se fond dans l’aujourd’hui

Par des phrases émaillées d’actes et de souvenirs,

De tombes et de mémoires, de racines et de fruits,

De recherches assidues. Hier est-il devenir ?

 

 

Poursuivant des secrets, comme un Petit Poucet

De ces contes nouveaux, sur l’avant, vers demain,

Ils marchent sans faiblir sur les traces laissées,

Peut-être pour des dieux, par les peuples anciens.

 

 

Des généalogistes, ils sont le fondement,

Ce dont on ne saura qu’une globalité,

Générale, sauf, qui sait, pour certains des plus grands,

Et qui, bien malgré nous, nous poussent à rêver.

 

 

Les tombeaux sont mémoire, les images, héritages,

Les poteries témoins dans des sables bavards.

De vestiges en secrets, les offrandes partagent

Et livrent des intrigues à ces chercheurs veinards.

 

 

Mais pour les satisfaire, il n’est pas de saison.

Un regard leur suffit sur des restes intrigants,

Ce peu de certitudes et d’incompréhension

Les transforme en acteurs fébriles et détonants.

 

Mais si le pavillon de la tête de mort

Sur la croix des deux os flotte devant vos yeux,

Les pirates pourraient alors vous faire tort

Car d’archéologues il pourrait marquer le lieu.

 

 

 

POLYVALENCE

 

 

 

 

Vous en parlez à l’aise, des généalogistes,

Et souriez sans frein de ces illuminés

Qui projettent au passé, qui n’éclairent des pistes,

Qu’en arrière, et envers ce qui fut camouflé.

 

 

 

Vous en parlez à l’aise, mais du vocabulaire

Pourrait bien vous manquer pour vous prendre en défaut.

Quoique vous en pensiez, et loin d’un sanctuaire,

Il aide le profane, alors, à vos dicos.

 

 

 

Etudier le passé veut la polyvalence.

Se distinguent, avant tout, recherches cognatiques

Pour tendres et maternelles ascendances, descendances,

Complétant si bien les paternelles agnatiques.

 

 

 

Tous ceux qui m’ont suivi savent que l’héraldique

Demande au notarial de confirmer les trames

Pour la rédaction des nobiliaires mythiques,

La sigillographie, et autres cryptogrammes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais savez-vous ce que la paléographie,

Tous ses clubs, tous ses groupes et ses sociétés

Donnent à l’onomastique envers les confréries,

Noms propres et noms de lieux, si souvent oubliés ?

 

 

 

Certes les registres de catholicité

Moins que les paroissiaux, aident, mais pour ceux-ci,

Référence, bien-sûr, aux actes de décès

De l’aile réformée qu’ils archivèrent aussi.

 

 

 

Pour l’actualité, amateurs de nouvelles,

Après les ordonnances, de Villers-Cotterêts,

Ordonnance de Blois, que diriez-vous de celle

Que signèrent les Grands à Saint-Germain-en-Laye ?

 

 

 

Enfin, pour les matheux, les numérotations

De Sosa-Stradonitz, Nurgey de Tupigny,

D’Abboville, ascendants, descendants, additions,

Soustractions de ce qui peut sembler, …, infini.

 

 

 

Néophyte moqueur, désinvolte qui dit

Que chaque mot te parle, je ne te prête foi !

Seuls crédules se prennent aux piètres pitreries

Qui viennent, cette fois, cacher ton désarroi.

 

 

ACTES DE VIE

 

 

 

 

« Et vive le Bébé ! » Comme premier écrit,

C’est l’acte de naissance, le premier germe éclos

De ce qui deviendra feuille, tige et un fruit

De l’arbre de sa vie, de cet arbre nouveau.

 

 

 

Les premiers pas, l’école, le dur apprentissage

De la vie, les études. Il faut choisir sa branche,

Décider de ce qui fera un bon ménage

Avec ton avenir, et il faut que tu tranches.

 

 

 

C’est alors qu’apparaît la raison du partage.

Adolescence, après, où bien des uns se branchent,

Où les autres finissent en actes de mariage

Pour nouvelles ramures émises en avalanches.

 

 

 

Notre vie suit son cours, de semaines en dimanches,

De bien d’actes porteurs en trop d’actes manqués.

Puis un soir disparaît cette trop vieille branche

Penchant vers ses racines, en acte de décès.

 

 

 

Parcours parsemés d’actes, allant jusqu’au dernier.

Les généalogistes en ont bien conscience,

C’est une performance, au regard des futaies

Dressées que de toujours faire acte de présence.

 

 

 

 

 

PARCOURS DU COMBATTANT ?

 

 

 

 

Tout vous semble facile, « ils grappillent, ils flânent » et

Pourtant la précision se doit irréprochable,

Car, pour ces gens sérieux, ce que vous ne voyez

Peut bloquer les rouages, se faire grain de sable.

 

 

 

« Parcours du combattant ! ? Vous rigolez, bien-sûr ! »

Pas vraiment, même si rien n’est ici physique.

Traverser la lignée, les ennemis, les murs

D’obstacles rencontrés n’est pas des plus pratique.

 

 

 

Certes, l’état civil est un noble bienfait,

Mais sécurisation, comme supports modernes,

Il y a moins de cent ans venaient se limiter

A la plume, au papier, au travail des cavernes.

 

 

 

Voici que le surnom s’est fait un patronyme

Car inscrit comme tel sur des actes officiels.

Le collectif oublie, use des synonymes,

Détourne la lignée, falsifie l’essentiel.

 

 

 

 

 

 

 

Pour l’aîné des familles, il y avait le prénom

Transmis de père en fils. La mort de ce dernier,

Et ce de l’un sur l’autre, le passait au second.

Allez donc retrouver lequel était le vrai !

 

 

 

Comment se repérer sans références exactes ?

Il semble que tous ne savaient de leur naissance

Toujours les lieux, les dates. Les mentions dans les actes

Viennent alors fausser toute correspondance.

 

 

 

Puis des pattes de mouches ont rendu illisibles

Tant de précieux indices, tant de points capitaux.

Taches sur des détails souvent plus que sensibles,

Anodines ratures, qui brouillent les faisceaux.

 

 

 

Alors que jusqu ‘au milieu du siècle dernier

Toute les transcriptions se faisaient à la main,

Erreurs, imprécisions, s’y sont souvent glissées.

Travail long, fastidieux, sur graphisme incertain.

 

 

 

Puis il faut déchiffrer les écritures anciennes,

Mêlant patois, latin, pétris de vieux français.

Les caractères changent, ça ne ressemble à rien

De connu, reconnu, qu’on nous ait enseigné.

 

 

 

 

 

 

Archives des notaires, mines d’or colossales.

Au-delà de cent ans, ils devraient déposer,

Tout grouper aux archives départementales,

Mais tant ne le font pas, s’approprient le passé.

 

 

 

Patrimoine commun, quand certains font payer

Pour voir ces vieux papiers. Puis, toujours dans ce cas,

C’est d’une étude à l’autre, qu’il faut se déplacer,

Plus de voyages, d’argent, de temps et de tracas.

 

 

 

Sachez qu’avant l’édit de Villers-Cotterêts,

Rien n’était retranscrit. Si les registres uniques

Ont disparu ce sont autant de ponts coupés,

Malveillances, incendies, tant de gestes cyniques.

 

 

 

Inégaux sur l’édit de Villers-Cotterêts,

Registres paroissiaux du Comtat Venaissin

Echappaient à la loi. Alors que désormais

Le mal était banni, il y eut des vilains.

 

 

 

Avant rattachement, les provinces n’avaient

Pas plus d’état-civil. Il n’existait qu’alors

Des actes paroissiaux en latin « patoisé »

Que lire peut tenter les chasseurs de records.

 

 

 

 

 

 

Lorsque les filiations n’étaient pas relevées,

Fin du seizième siècle, avant Villers-Cotterêts,

Ou par laxisme après, pire que barbelés,

Pour pouvoir remonter, faut parfois s’accrocher !

 

 

 

Entre lieux de recherches et lieu d’habitation,

Il y a la distance, naissances à l’étranger

Où l’administratif, la langue, sont prisons

Bien pires que frontières et postes à traverser.

 

 

 

Quand à ceux qui sont morts ailleurs qu’en leur commune,

Rien n’était retranscrit sur le lieu de naissance,

Le lieu de résidence. Mieux que chercher fortune,

Retrouver les décès demande un peu de chance.

 

 

 

Le cas des nés sous « X », origine inconnue,

Père ou mère suffit pour casser la lignée,

Les abandons d’enfants, ou bien ceux reconnus

Par qui se dit parent mais n’est qu’assimilé.

 

 

 

Quand les lieux déclarés sont les noms des hameaux

Plutôt que des communes, mal orthographiés,

Pris comme phonétique, ils resserrent l’étau

Des migraines mythiques et des tête cassées.

 

 

 

 

 

 

 

Les dégâts des pilleurs, sans scrupules et cupides,

Ceux qui font disparaître irrémédiablement,

Ambulants, brocanteurs, qui génèrent ces vides

Privant le collectif d’uniques documents.

 

 

 

Il faut aussi luter contre le conjoint qui

Doit attendre des heures, dans l’auto, si souvent,

Etape sur la route, un détour en mairie,

Providentiel arrêt pour un besoin pressant.

 

 

 

Par ailleurs, croyez-moi, mieux vaut obtempérer !

Surtout si seul on a le permis de conduire.

Puis, pour s’opposer à la mienne, en aparté,

Laisser moi souffler qu’il faut être un dur à cuire.

 

 

 

Elle fait charité, toute cette énergie

Pour soulager des morts séculaires, impatients,

Qui attendent, oubliés, solitaires, alanguis.

Son mari s’en veut presque d’être un bon vivant.

 

 

 

Comprendre le milieu, redonner la couleur

De l’époque, du moment puis des événements,

Rendre aux gens de leur temps leurs histoires et leurs mœurs

Demande bien plus que la patience et le temps.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jusqu’au vingtième siècle, n’était répertorié

Pour l’armée que les noms des officiers tués.

Qui ne revenait pas, sauf maris contrariés,

Etait sans doute mort, sans acte de décès.

 

 

 

L’ampleur et les obstacles ont de quoi dissuader

Qui, sans être maso, voudrait s’y adonner

En sachant le parcours. Acquiescez, mais cessez

De dire qu’ils ne font que photocopier !

 

 

 

 

ÇA NOUS POURSUIT, PARTOUT

 

 

 

 

Participer, toujours, n’est pas chose ordinaire .

Les trajets, si souvent, sont parsemés d’arrêts,

De détours qui me semblent incongrus, secondaires,

Disant ses recherches en être le bien-fondé.

 

 

 

Alors que nous cherchions comment nous restaurer,

En passant devant la librairie, la voilà

Notant les éditeurs de tout ce qui a trait

Au passé de l’endroit, en guise de repas.

 

 

 

Bouquinistes et brocantes, puces et vide-greniers,

La poussière l’attire, pas pour faire ménage,

A mon grand désespoir, mais pour tout éplucher,

Rechercher des indices. Quelquefois, c’est dommage.

 

 

 

Nous visitons mairies, registres des décès,

Naissances, états civil, cadastraux, cléricaux,

Visitons des Maisons sans y être invités,

Finissons souvent par des actes notariaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

Partout elle interroge, copie, photocopie,

Recoupe sans arrêt, soulève chaque pierre

Des chemins oubliés. Elle photographie

Tout indice jusqu’aux plaques de cimetière.

 

 

 

Inspectrice en civil, ou policier m’eut plu.

Déçu, pas plus d’espion qu’il n’y a d’agent secret.

Sûr que j’y ai pensé, j’espérais qu’elle eut pu,

Mais elle n’a jamais fait sauter mes P.V.

 

 

 

Amie de la famille ? D’un esprit rassembleur

Elle semble animée, car il est très fréquent

Qu’au hasard de rencontres, comme entrouvrant son cœur,

Elle dise « Cousin » à beaucoup trop de gens.

 

 

 

La parenté nous suit, nous poursuit sans relâche,

Dans ses moindres recoins traque l’homonymie,

Si bien qu’elle me perd dans toutes ces attaches.

Mais alors, serions-nous parents plutôt qu’amis ?

 

 

 

Enfin, pour les repas, dignes des alliances,

Cousinades, dit-on, nous nous trouverions tant

Que pour tout préparer, faisons lui confiance,

Elle nous trouverait bien un cuistot parent.

 

 

 

 

 

UTILES ET MAL CONNUS

 

 

 

 

Parce qu’il y en a marre ! Vous qui vous en moquez,

Amateurs, professions méconnues, des alliés,

Que savez-vous vraiment de leurs activités ?

On médit très souvent de ce qu’on ne connaît.

 

 

 

C’est la vie des familles, des Maisons, des hameaux,

Porteurs de tant d’histoires et remplies de mystères

Qu’ils restituent. Leur rôle dépasse les drapeaux,

Retrouvant les aïeux, leurs métiers, leurs affaires.

 

 

 

Puis il y a ceux qui sont mandatés par vous,

Exhument des trésors, tout pour votre bonheur,

Effacent les soucis puis découvrent des sous, …

Quoique là, je m’égare, oubliez ces valeurs !

 

 

 

Mettre des mots, des noms, c’est bien mais replacer

Tout ça dans son contexte, social, économique ,

Familial, de l’époque, élimine l’abstrait,

Pour lui donner, enfin, l’éclairage historique.

 

 

 

 

 

 

 

 

« On se fout des ancêtres ! Nous vivons aujourd’hui. »

Diront tant d’ingénus. D’où se croient-ils issus ?

Sortis de quelle cuisse ? Quel successeur renie

L’acte du bien fondé d’avoirs et d’attributs ?

 

 

 

Ils cherchent les racines, trouvent les origines

De nobles devenus roturiers, étrangers

Aux lieux, pour les enfants nés sous x, légitimes,

Pupilles à la Nation, bébés abandonnés.

 

 

 

Ils aident la recherche, sur les répétitions

De dites anomalies, de dates, événements,

Statistiques sociales, large compréhension

De ce qui nous échappe, pour un regard plus grand.

 

 

 

Familles trop petites ? Vive les cousinades

Issues de leurs travaux, qui loin de l’historique,

Cherchent aussi, aux vivants, des liens de camarades,

Habituées de médico-psychologiques.

 

 

 

Alors, finalement, ils savent se montrer

Des atouts méconnus dans les vies de beaucoup

Qui, sans curiosité, ont bien dû se fier

Aux généalogistes, alors, « Merci à vous ».

 

 

ELLE EST PASSION

 

 

 

Ils regardent derrière, se tournent carrément,

Et n’agitent au présent que ce qu’ils y ramènent,

Evitent les écueils qui parsèment le temps,

Erreurs de transcription, quêtes qui seraient vaines.

 

 

 

L’avenir est devant, l’avenir appartient,

Nous dit-on si souvent, à ceux qui, matinaux,

Savent se lever tôt. Pour hier, dès le matin,

Ils commencent à chercher, vont par monts et par vaux.

 

 

 

Etranges apanages, de registres en sous-mains,

Qui cheminent à l’envers de la pensée commune

Lorsqu’on apprend que seul compte le lendemain,

Que seul pour l’avenir leurs pupilles s’allument.

 

 

 

Certes, il en est de toutes. La science fiction

L’emporte de bien loin, aujourd’hui, virtuel

Quotidien, sans relief. Mais cette autre passion

Tutoie le fantastique, taquine l’irréel.

 

 

 

Aventure, évasion, sur des actes concrets.

La jungle est de papiers. Les curieux sont ravis.

Recherche de trésors que l’on sait exister,

Drogue riche, instructive, …,

 

La généalogie.

 

 

 

 

PLAIDOYER POUR L’AUTHENTIQUE

 

 

 

 

A faire tant d’histoires, ils ont refait l’Histoire,

Transformé ce qui fut, jusqu’à mettre en avant

Ce qu’ils envisageaient, peut-être les pouvoirs

En place, mais pourquoi n’y voit-on que les grands ?

 

 

 

Le quotidien des gens se noie dans les ténèbres.

Ceux qui ont fait, qui ont construit ce qui nous voit

Ne peut s’assimiler qu’à quelques gens célèbres.

Que sait-on de la vie quand on parle des rois ?

 

 

 

On suppute, imagine, et les livre scolaires

Confortent ce que l’on croit s’appeler « Savoir »

Sur les vies des ancêtres, les affaires ordinaires.

Au lieu de révéler, c’est comme un entonnoir.

 

 

 

Quand de l’Egypte ancienne on lit au jour le jour

La vie des pharaons, que sait-on du commun

Des mortels de l’époque ? Que parle-t-on toujours

Des figures de proue masquant tout un chacun ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’histoire de nos lieux s’en trouve bien faussée,

Clichés de la télé, croyances saugrenues.

L’école n’apprend pas l’essentiel du passé,

Leçons, exemples de ceux dont nous sommes issus.

 

 

 

Alors tout un travail, et bien des terres vierges

Attendent l’intérêt d’amateurs passionnés,

De conquérants modernes, à la lueur des cierges

Ou des lampes tempête, découvreurs d’usagés.

 

 

DOUTEUSE REUNION

 

 

 

 

Ils reçoivent, ils sourient, « Soyez les bienvenus ! »

Ouverture d’esprit, nous avons tellement

A vous donner, à vous, venez sans retenue,

Adhérez, partagez, cotisez plus souvent.

 

 

 

Tous ce que vous avez nous intéresse fort.

Vous serez un maillon majeur en confiant

Au fichier vos données. Sachez bien, tout d’abord,

Qu’ensemble nous serons toujours plus performants !

 

 

 

Maintenant, attention ! Aux rapaces, aux voleurs,

Aux escrocs qui jusque parmi nous s’insinuent,

Professions profitant d’un travail d’amateurs

Pour profits lucratifs. Ce qu’ils prennent est vendu.

 

 

 

Ici, c’est notre cercle, on partage, on prend tout,

Mais ne donnons, bien sûr, qu’aux membres de chez nous,

D’autres doivent payer. Nous ne sommes pas fous.

Bénévole travail qui rapporte des sous.

 

 

 

Attention aux crapules ! Ils volent les données

Lentement compilées, prises de-ci, de-là,

Dans les dossiers publics, dans les cercles privés,

Partout où c’est possible et sur la bonne foi.

 

 

 

 

 

« Vous dites INFORMATIQUE ? » L’internet, c’est pas net.

On y partage tout, piratage sans trace.

A bas donc ce réseau, concurrent malhonnête !

Adhésion minitel, plus cher, plus efficace !

 

 

 

Tous nos renseignements vous seront très utiles.

Attention ! « Réservé ! ». Ce travail est à nous.

Mission d’incrémenter, ça n’a rien de futile.

Alors l’information, formation, on s’en fout !

 

 

 

Ces temps morts où chacun expose ses problèmes,

Auxquels les autres vont trouver des solutions,

Nous importent bien peu. On nous voit, on nous aime,

Et c’est bien l’essentiel. Pas de vaines effusions !

 

 

 

Car partager c’est bien, mais on a déjà tant

Qu’avec nos adhérents, et seulement ceux-ci,

Serviteurs prévenants, nous sommes suffisants.

Nous n’acceptons, d’ailleurs, que ceux qu’on dit « Amis ».

 

 

 

La généalogie, ça reste passionnant.

Evitons l’anarchie, assurons nos arrières.

Si tout se dissémine on se vide du sang

Qui donne ce pouvoir, et force la manière.

 

 

 

 

BIEN ETRANGE TRAVAIL

 

 

 

 

Des actes essentiels en stèles aux marbres gravés,

Ils visitent chapelles, grattent les vieilles pierres,

Dévalisent l’église après avoir fouillé

Ce qu’eux seuls, en mairie, feuillettent et dépoussièrent.

 

 

 

Croisades solitaires en archives isolées,

Détours de secrétaires en autres cabinets,

D’états civils perdus des profondes contrées,

Par ces liens capitaux le nectar est extrait.

 

 

 

Ils en parlent souvent, tellement que j’ai cru,

Il n’y a pas si longtemps, voir un de mes aïeux

Venir me demander des comptes sur l’issue

D’une brouille si vieille, .. Je m’en frottais les yeux !

 

 

 

Ils remuent et chamboulent, mémoires des Maisons,

Des régions, des cantons, et quand l’écrit n’est plus

C’est la culture orale, anecdotes et dictons,

Qui saisit le relais pour que ça continue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Peut-être, grâce à eux, cette histoire infinie

De l’âne de Martin, sujet de polémiques

Et familles brouillées depuis des décennies,

Trouvera une issue sans que quiconque abdique.

 

 

 

Chercheurs de souvenirs, ranimeurs de ces vies

Dont on ne parlait plus, voudraient-ils, au passé,

Trouver traces et raisons, caressent-ils l’envie,

De tracer, pour demain, un chemin jalonné ?

 

 

 

Anticiper, prédire, semblent choses faciles

Au généalogiste, on ne peut contrôler.

Mais lire le passé se fait bien difficile

Car, sans grande rigueur, rien ne serait censé.

 

 

 

 

 

 

 

VUE D’AILLEURS

 

 

 

 

C’est la force des choses, et à chaque occasion

L’impératif majeur nous conduit en mairie,

Cimetières aussi. Les voyages se font

Parsemés des étapes où elle cherche et trie.

 

 

 

Téléphone portable, prospection, inspection,

Service demandé, transmission, puis rapport,

Internet comme si l’urgence de l’action

Répond à une peur de perdre ce qui dort.

 

 

 

Alors ces amateurs sont cause de sourires

Pour l’incrédule qui se trouve à leur côté,

Car cette agitation, ce qui les fait bouillir

D’impatience et de stress, lui semble amidonné.

 

 

 

Mais il cherche à comprendre, ce qui semble un défi,

Affrontements d’élites et traques de records,

Rivalités, concours, charades infinies,

Aventures sans fins pour chercheurs de trésors.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout se fait si sérieux, et l’erreur si fatale

A ce qui s’en suivrait, à qui viendrait plus tard,

Que la démonstration est toujours capitale,

Valorise l’auteur sur un nouveau départ.

 

 

 

Sans aller aussi loin, le profane croit y

Voir un amusement, puzzle et relation,

Exutoire à ce que l’on garde et qui meurtrit,

Formes de jeux de rôles, partages et collections.

 

 

 

Peut-être se créent-ils une minorité,

Ce groupe et ce réseau, sans frontière, étendu

A toute la planète, où ils peuvent échanger,

Enfin se reconnaître, et être reconnus.

 

 

 

 

 

REUNION REUSSIE

 

 

 

 

Ordre du jour reçu, bonjour au président,

A tout participant, chacun son chevalet.

Présenter les nouveaux, d’un accueil avenant,

Alors la réunion va pouvoir commencer.

 

 

 

Chacun dit qui fait quoi, puis l’actualité,

Toutes ses conséquences, tout bouge bien souvent,

Quoiqu’on parle au passé, les manifs, les projets,

Les rencontres et sorties, les lois, les avenants,

 

 

 

La documentation, vie associative,

Puis les technologies, nouvelles et formations

Aux derniers logiciels, traquer toute dérive,

Ces amateurs sont à la pointe de l’action.

 

 

 

Quelquefois l’exposé, parfois la conférence,

Eclaire des lanternes, ouvre des horizons,

Les chouans, l’héraldique, mariages au fil du temps,

Les monnaies, poids, mesures, et tant d’autres questions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis suit la diffusion des articles de presse

Illustrant le sujet, ou bien, dans certains cas,

Récap providentiel qu’un historien nous dresse,

Au mieux ce sont les deux, là, c’est le choix du roi.

 

 

 

La solidarité, entraide et parrainage,

Annoncer les problèmes et donner aux nouveaux

Les pistes et les moyens, agir par le partage,

Recherches réciproques, les échanges, les infos.

 

 

 

Vient l’accès à la doc, la biblio du groupe.

Pour finir, le bouquet, c’est l’échange informel,

Brassage des savoirs et fusion de la troupe

En leçon de civisme, au présent, personnel.

 

 

 

Grand merci à Paul de Lapeyre de Bellair,

Dirais-je en aparté, délégué dévoué

Qui donne sans compter, agissant comme un père,

A qui nous devons bien le Cercle tel qu’il est.

 

 

CHASSEURS DE FANTOMES

 

 

 

 

Ils cherchent, fouinent et fouillent, utilisent le flair.

Ils travaillent du pif, creusent de ce côté,

Grattent de celui-là. D’un coup, le nez en l’air,

Ils regardent alentour et ils marquent l’arrêt

 

 

 

Ces personnages, étranges, cultivent des racines

Quand leurs vergers sont pleins des arbres qu’ils dévorent,

Se nourrissent de branches et quelques fois dessinent

Des fruits inattendus. Etranges herbivores.

 

 

 

Ils traquent les vieux os, exhument le passé,

Consultent des grimoires où ils tournent les pages

Ecrites des anciens, avides des secrets

Qui retrouvent le jour. Etranges nécrophages.

 

 

 

Dans leurs placards seraient des suaires embaumés,

Qu’ils revêtent les jours où la lune est adage

Pour ranimer les morts, et les amadouer,

S’ils voulaient bien parler. … Etranges fantophages !

 

 

ET S’AMASSE LE GRAIN !

 

 

 

 

Tunnels et galeries, galériens de l’allant.

Il en vient de partout, qui ratissent et qui trient,

Qui marchent et qui convergent, qui cumulent, et souvent

Se rejoignent et partagent. Alors tout s’enrichit.

 

 

 

Des efforts de fourmis, le pactole est garant

Pour la communauté. C’est d’un esprit commun

Que s’amasse le grain, que l’ouvrage, géant,

Grandit, se fortifie du travail de chacun.

 

 

 

Temps des taupes joufflues qui creusent et vont chercher

Dans l’inconnu, l’obscur de ces temps révolus,

Qui croquent des racines afin d’alimenter

Les branches de ces arbres aux feuillages touffus.

 

 

 

Quelquefois, ces chemins, isolés, dans le noir

Des tracés sinueux, le long d’obscurs sentiers,

S’enrichissent d’un nom, patronyme au hasard

Dans des lignes anodines. La lumière se fait.

 

 

 

De ces sociétés qu’ils décrivent et comprennent,

Ils sont bien le reflet de temps qu’on cru passés

Mais qui furent transmis, transposés. Ils apprennent

Et montrent à ses acteurs leur vraie face cachée.

 

 

CAPTIVANTE PASSION

 

 

 

 

Vocable peu commun, celui de l’héraldiste.

Mais si Généatique est dans l’ordinateur,

C’est de l’or pour le cœur des généalogistes,

Car, c’est bien connu, sur C.D. tout est meilleur.

 

 

Aventuriers modernes au langage codé,

Découvreurs de trésors façonnés par le temps,

Par l’oubli, le besoin de savoir son passé,

D’où l’on vient pour laisser des traces aux poursuivants.

 

 

Cartes de Cassini, nouveaux nom des pays,

Des cantons, des hameaux, petits mondes d’amour

Où ces chercheurs de feux n’en ont jamais fini

D’affûter leurs désirs pour de nouveaux détours.

 

 

Infini travail des mercenaires en mairie

Asservis au service assommant du savoir,

Demandes sur commandes, des services prescrits,

Ou qui, tout simplement, servent et s’en font devoir.

 

 

FESTINS DE VIES

 

 

 

 

D’actes dépoussiérés, en contrats périmés,

Quoiqu’ils se moquent bien d’où ils mettent les mains,

Ils farfouillent et trifouillent, remueurs de greniers

Qui s’intéressent à hier pour construire demain.

 

 

 

Grains de sables au sablier, mince manne apportée

Miette après miette, par des trains de fourmis.

Ils pavent de savoirs le puzzle du passé.

Ils croquent à pleines dents dans l’arbre de nos vies.

 

 

 

Forts de ces découvertes, et tant à partager,

Ils vont se retrouver. Cette bourse d’échange

Est le ciment d’union d’une minorité

Qui se meut, par passion, dans des démarches étranges.

 

 

 

Ils écrivent des livres aux histoires anodines,

Et qu’ils nomment registres, histoires des familles,

Refont ces unions qui sentent la naphtaline,

Ils ravivent, ils raniment, astiquent pour que brille.

 

 

 

Retrouvailles et repas, cousinades impromptues,

Mémorables assemblées, qui quelquefois ripaillent,

Qui fortifient ces liens tissés par la venue

Et l’intense émotion naît de leurs retrouvailles.

 

 

 

 

 

DES VACANCES DE REVE (Le sien !)

 

 

 

 

Faut un bon caractère pour partager la vie

D’un généalogiste. Nul n’en parlerait mieux

Que ceux qui l’ont subi, et je suis de ceux-ci,

Alors, novices je vais vous ouvrir les yeux !

 

 

 

Nous partions en vacances, et la route était longue,

Mais qu’à cela ne tienne, le trajet fut doublé

De visites impromptues, de détours qui rallongent.

Il y a tant de mairies qui restent à visiter.

 

 

 

Quand, une fois rendus, au hasard d’un passage,

File au supermarché dans l’espoir de manger.

Elle y fait le listing du rayon des ouvrages

De l’histoire locale, et l’estomac se tait.

 

 

 

Pour revoir le village habité des ancêtres,

Nous voici face à deux douzaines de cousins

Attablés, sur la place. Il y en a bien huit mètres !

C’est l’échange d’adresses, « Passe quand tu reviens ! »

 

 

 

 

 

 

 

La voici qui lit la table d’orientation

Quand un nom l’interpelle, connu, elle s’active,

Quel rapport ? Faut savoir ! Pour plus d’informations

Nous entraîne au Syndicat d’Initiative.

 

 

 

C’est que, dès le matin, elle va consulter.

L’état civil l’attire. Mieux que se voir derrière

L’église en amoureux, après ses relevés

Nous avons rendez-vous devant le cimetière.

 

 

 

D’ailleurs, c’est bien connu, face à tant d’impatience,

La raison déraisonne. Les morts n’attendent pas,

Ils prennent tant de place, qu’ils ont toute l’audience,

Son mari se signale, elle ne le voit pas.

 

 

 

Rencontres de parents se font monnaie courante.

La famille est partout, fini l’intimité

De cet anonymat qui se veut rassurant

Quand, sur la descendance, tout se trouve indexé.

 

 

 

Faut un bon caractère, pour partager la vie

D’un généalogiste. Souvent des morts atones

Détournent vos projets, s’opposent à vos envies.

Quoiqu’aveugle, l’amour redoute ces fantômes.

 

 

 

PROFESSIONNELS

 

 

 

 

Qu’ils remontent ou descendent, ils nous rendent le temps,

Répondent à nos questions, baromètres des noms

Qui font notre passé, ascendant, descendant.

C’est l’arbre qui renseigne, et guide à reculons.

 

 

 

Quête biographique, connaître cet ancêtre

Qui se rappelle à nous apaise des questions,

Conforte les croyances en ce qui peut paraître

Anodin, qui, pourtant, entretien l’illusion.

 

 

 

Des quêtes ponctuelles, sur les gens, sur les biens,

Sur les propriétés, recherches notariales,

Successions, droits divers, des appels du destin

Qui surprennent souvent, démarches cadastrales.

 

 

 

Droits de passage pour des terres enclavées,

Les droits d’eau dont beaucoup ne se rappellent plus,

Les classements d’archives, ordonner le passé,

Transcription de l’ancien, photos, rien n’est perdu.

 

 

 

C’est l’ordinaire lot de tout professionnel

En généalogie, sans compter le plaisir

Des ludiques détours, le piment et le sel,

Ce dont seul l’amateur tire tant de plaisir.

 

 

 

 

 

LA FAMILLE BOURGEONNE

 

 

 

 

Ce monde est bien étrange, où les arbres, à l’envers,

Tendent au bout de leurs brins, vers le ciel, des racines,

Offrent comme un cadeau, comme un tendre dessert,

Le fruit de recherches où la curiosité prime.

 

 

C’est presque chaque jour que je les vois surgir,

Au milieu du repas, partout, j’ai l’impression

De n’avoir plus de vie privée, sans prévenir

Des ancêtres inconnus s’invitent en ma maison.

 

 

J’ai des cousins, des tas, que je ne connais pas.

J’en ai même jusque dans l’encyclopédie.

Quoiqu’inconnus qu’ils soient, tout du moins, pour ceux-là,

Je peux me renseigner : Si je ne sais, je lis.

 

 

Je manque d’habitude et je suis submergé.

Collègues de travail, il en sort comme quilles,

Des e-mails, des courriers, tout est apparenté,

Je suis surpris qu’un tel ne soit de ma famille.

 

 

Quoi qu’il faille s’y faire, l’abondance se noie

Par trop de profusion dans sa diversité.

Je regarde d’un œil pétillant qui n’est pas

De ma lignée pour vivre un peu d’intimité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FINALEMENT …

 

 

 

 

Si nous avons souri, c’était de bon aloi.

Loin des passants communs, vous êtes, avouez-le,

Quand même bien spéciaux, porteurs d’actes et de foi,

Au cœur scientifique, perdus dans des douelles.

 

 

 

Vos pérégrinations, qui nous tendent des perches,

Nourrissent le savoir, enrichissent la vie,

Les racines, de qui rit, qui s’étonne et qui cherche.

 

Alors,

 

 

« Merci pour tout, la Généalogie ! »


 

Table des textes

 

 

RECUEIL DE POESIES. 1

A EUX.. 5

DESTRUCTEURS ET MESSAGERS. 5

HISTOIRE DE VIEUX OS. 5

POLYVALENCE.. 5

ACTES DE VIE.. 5

PARCOURS DU COMBATTANT ?. 5

ÇA NOUS POURSUIT, PARTOUT. 5

UTILES ET MAL CONNUS. 5

ELLE EST PASSION.. 5

PLAIDOYER POUR L’AUTHENTIQUE.. 5

DOUTEUSE REUNION.. 5

BIEN ETRANGE TRAVAIL.. 5

VUE D’AILLEURS. 5

REUNION REUSSIE.. 5

CHASSEURS DE FANTOMES. 5

ET S’AMASSE LE GRAIN ! 5

CAPTIVANTE PASSION.. 5

FESTINS DE VIES. 5

DES VACANCES DE REVE (Le sien !) 5

PROFESSIONNELS. 5

LA FAMILLE BOURGEONNE.. 5

FINALEMENT ……. 5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La composition de cet ouvrage a été réalisée par Elsie FANTINO, l’édition a été effectuée à compte d’auteur.

 

Achevé d’imprimer en juin 2002.

 

Dépôt légal : juin 2002

 

 


   Poète, parolier, auteur, scénariste, Mathieu VIGNAL est un personnage aux multiples facettes.

 

Durant 20 ans d’un travail poétique solitaire et sans la moindre prétention, où le classicisme a toujours teinté sa plume, il a visité l’ensemble des techniques de versification, jusqu’aux vers libres et l’écriture de chansons en passant par le café théâtre.

 

Membre actif de « L’île des poètes » (Nice), il a, par ailleurs, expérimenté l’écriture romanesque, théâtrale, l’adaptation cinématographique ainsi que l’écriture de synopsis et scénarii.

 

Enrichi de toutes ces expériences, attentif à la sonorité des mots, rigoureux sur leur sens, la syntaxe et la pureté du vocabulaire, il cisèle et peaufine le verbe en véritable artisan de la littérature dans la tradition culturelle régionale.

 

Après « L’Amour et la vie », « Journal de voyage », « Essais sur de l’Amour », « La Mission », Mathieu VIGNAL nous livre son cinquième recueil, sur la généalogie, loisir et passion de son épouse, vue à travers ses yeux de poète.

 

En attendant de nous offrir d’autres recueils, et peut-être un jour l’ensemble de son œuvre, il nous laisse apprécier jusque dans ses moindres détails et à chaque niveau de lecture : « Essais sur la généalogie ».

 

FESTINS DE VIES

FESTINS DE VIES

(Extrait des œuvres de Mathieu VIGNAL
Sociétaire SACEM N°1487267 : Poésie, Recueil : Essais sur la généalogie)

D’actes dépoussiérés, en contrats périmés,

Quoiqu’ils se moquent bien d’où ils mettent les mains,

Ils farfouillent et trifouillent, remueurs de greniers

Qui s’intéressent à hier pour construire demain.

 

 

 

 

Grains de sables au sablier, mince manne apportée

Miette après miette, par des trains de fourmis.

Ils pavent de savoirs le puzzle du passé.

Ils croquent à pleines dents dans l’arbre de nos vies.

 

Forts de ces découvertes, et tant à partager,

Ils vont se retrouver. Cette bourse d’échange

Est le ciment d’union d’une minorité

Qui se meut, par passion, dans des démarches étranges.

 

Ils écrivent des livres aux histoires anodines,

Et qu’ils nomment registres, histoires des familles,

Refont ces unions qui sentent la naphtaline,

Ils ravivent, ils raniment, astiquent pour que brille.

 

Retrouvailles et repas, cousinades impromptues,

Mémorables assemblées, qui quelquefois ripaillent,

Qui fortifient ces liens tissés par la venue

Et l’intense émotion naît de leurs retrouvailles.

Tous droits réservés pour tous pays par Mathieu VIGNAL©

CHASSEURS DE FANTOMES

CHASSEURS DE FANTOMES

(Extrait des œuvres de Mathieu VIGNAL
Sociétaire SACEM N°1487267 : Poésie, Recueil : Essais sur la généalogie)

Ils cherchent, fouinent et fouillent, utilisent le flair.

Ils travaillent du pif, creusent de ce côté,

Grattent de celui-là. D’un coup, le nez en l’air,

Ils regardent alentour et ils marquent l’arrêt

 

Ces personnages, étranges, cultivent des racines

Quand leurs vergers sont pleins des arbres qu’ils dévorent,

Se nourrissent de branches et quelques fois dessinent

Des fruits inattendus. Etranges herbivores.

 

Ils traquent les vieux os, exhument le passé,

Consultent des grimoires où ils tournent les pages

Ecrites des anciens, avides des secrets

Qui retrouvent le jour. Etranges nécrophages.

 

Dans leurs placards seraient des suaires embaumés,

Qu’ils revêtent les jours où la lune est adage

Pour ranimer les morts, et les amadouer,

S’ils voulaient bien parler. … Etranges fantophages !

Tous droits réservés pour tous pays par Mathieu VIGNAL©

HISSEZ HAUT

HISSEZ HAUT

(Extrait des œuvres de Mathieu VIGNAL
Sociétaire SACEM N°1487267 : Chanson)

Prendre le large, à la marée montante,

Quand ils s’en vont, c’est que la vie les capte ;

A l’horizon, des sirènes avenantes

Tentent leur chance, mais il n’y a qu’un cap …

*****

Refrain

(Alors …)

Barre le bateau, hisse le drapeau,

Droit devant, fendons l’océan ;

Demain sera beau pour les matelots

Du printemps qu’apportent les vents.

*****

C’est dans l’écume, la brise et les embruns,

Que le marin, d’un geste large sème,

Au gré des flots, tous les espoirs humains,

Tout est permis, mais il n’y a qu’un thème …

*****

Le capitaine en appelle aux vaillants

Pour les couleurs, pour porter l’amitié

Sous l’arc-en-ciel : « A mon commandement !,

Tendez la main !, car il n’y-a qu’une idée …

*****

Bon pied, bon œil, de partout on répond :

« Présent !, partant ! », c’est ici que débute

Le grand voyage, la grande migration,

De tous cotés, mais il n’y a qu’un but, …

C’est l’amour …

Tous droits réservés pour tous pays par Mathieu VIGNAL©

PIGEON COMMERCIAL

Mathieu VIGNAL  salue votre visite sur ASA-PHOTO-VIDEO

PIGEON COMMERCIAL

(Extrait des œuvres de Mathieu VIGNAL
Sociétaire SACEM N°1487267 : Sketches)

– Tu cherches un commercial ?!

– Oui !

– Un bon commercial ?

– Oui, il me faut le meilleur !

– Le meilleur !? …

– Oui, le meilleur, pour gagner un maximum d’argent, facilement.

– OK, …, mais ça a un prix.

– Je le sais.

– Voyons, …, le meilleur …, gagner un maximum d’argent, …, facilement

– Oui, c’est tout à fait ça !

– Moi, je sais.

– Quoi ?

– Où le trouver.

– Dis moi !

– Si je te le dis, je prends ma part sur les bénéfices qu’il fera, sur ce qu’il va gagner !

– Pas trop, quand même …

– Non, ce sera raisonnable.

– Alors, d’accord, qui c’est !?

– Celui qu’il te faut, c’est celui qui a vendu le loup à l’agneau !

– Mais comment le trouver ?

– Tu t’installes près de le fontaine,

– Et …

– Tu mets un panneau devant toi.

-Lequel ?, que dois je écrire dessus ?

– « Achète pigeon ! »

– Et …

– Celui qui te coûtera le plus cher c’est celui que tu cherches !

– OKAY !!!, merci !, merci … beaucoup !

– Et n’oublie pas de lui dire de me donner ma part !

– Sur quoi ?

– Sur ce qu’il t’a coûté, qu’il a gagné, …, facilement, …, comme on a dit.

Tous droits réservés pour tous pays par Mathieu VIGNAL©

TON Q NE ME SUFFIT PAS

Mathieu VIGNAL  salue votre visite sur ASA-PHOTO-VIDEO

TON Q NE ME SUFFIT PAS.

(Extrait des œuvres de Mathieu VIGNAL
Sociétaire SACEM N°1487267 : Sketches)

– Tu veux baiser ?

– Non.

– Attends, là, je te le propose, …,  et tu n’veux pas qu’on fasse l’amour ?

– Non.

– OK,
On m’a dit que tu es un peu spécial, …,
du moins différent … de …,
mais dis moi que tu plaisantes, …, d’habitude …, enfin, …,
là, tout de suite, où ailleurs, comme tu veux, faire l’amour, …, forniquer, …,
baiser, …,
avoir des relations sexuelles, …,
appelle le comme tu veux, …,
se faire plaisir, …,
le plaisir pour le plaisir, …,
c’est tout, …,
enfin, quoi, …, ce que tout le monde cherche, …, et rien d’autre, …, sans tabou, …

– Non !

– Non …,

– Non !

– Pourquoi ?

– Ton cul ne me suffit pas.

– Mon cul ne te suffit pas ! ?, …, pourtant on m’a jamais, …,
ça à toujours …, enfin quoi, …,
d’habitude …

– Non, vraiment, ton cul ne me suffit pas.

– Quel tempérament !,.

Faut juste apprendre à se connaître, …,
Tu veux que j’appelle des copines !?

– Non.

– … Des copains ?

– Non.

– Partouze générale !?

– Non.

– Echangistes ?

– Non.

– Alors quoi, qu’est ce qu’il te faut ?

– De la tendresse.

– De la tendresse !??

– Oui, simplement de la tendresse, du partage

– OK,
On ‘ma dit que tu es un peu spécial, …,
mais là, franchement, si tu n’fais l’amour que si y ‘en déjà, à quoi ça sert de le faire ?, …,
Parce que, d’habitude, …,
On m’a jamais demandé ça …

– De la tendresse, c’est pas grand chose, mais c’est si important,
ça change tant de choses, …, en mieux, …, en bien !

– De toute façon, j’ai pas ça en stock !

Tous droits réservés pour tous pays par Mathieu VIGNAL©